Sylvie a été aide-soignante pendant 5 ans. Cette Grenobloise d’origine a ensuite décidé de se lancer dans l’aventure d’une formation infirmière à 44 ans. Sans aucun regret aujourd’hui. Entretien.

Bonjour, peux tu te présenter ?
Je m’appelle Sylvie, j’ai 56 ans et je suis infirmière depuis 2016.
Que faisais tu avant ?
J’ai exercé plusieurs métiers dans ma carrière. Mais j’ai fait une reconversion en 2007 pour devenir aide-soignante et j’ai été diplômée en 2008, à 39 ans.
J’ai exercé le métier d’aide-soignante pendant 5 ans et j’ai démarré la formation d’infirmière en 2013, à 44 ans. J’ai enfin obtenu mon diplôme en 2016 à 47 ans.
Dans quel service as tu principalement travaillé en tant qu’aide-soignante ?
J’ai démarré en réanimation et j’y suis restée 4 ans. Puis une année en clinique en soins de suite et de réadaptation pour blessés médullaire (NDLR : Essentiellement des patients tétraplégiques et paraplégiques).
Pourquoi as-tu décidé de faire la formation infirmière ?
J’avais déjà en tête de devenir infirmière quand je me suis reconvertie, mais j’ai voulu me faire une expérience en tant qu’aide-soignante. C’est vrai qu’avant de travailler dans les soins, j’étais assistante commerciale, et le monde du soin m’était totalement inconnu.
Comment, à l’époque, as-tu été financée pour devenir infirmière ?
A l’époque j’ai dû démissionner du CHU puis j’ai travaillé 1 an en CDD dans cette clinique de SSR. Quand je me suis déplacé à Pôle Emplois (Ex France Travail), l’agent m’a expliqué que c’était le CHU qui devait me financer les deux premières années de la formation. C’est donc le CHU qui m’a financé ces deux premières années à hauteur d’environ de 80% de ma rémunération, soit à l’époque environ 1 200 euros. La dernière année, en revanche, c’est Pôle Emplois qui m’a financé mais cette fois ci à hauteur de 600 euros par le biais de l’ARE.
Ce n’était pas trop difficile ? Comment as-tu fait ?
SI c’était difficile, j’ai été aidée par ma famille et j’ai dû travailler des week-ends en restauration la dernière année.
Comment se sont passées globalement tes trois années de formation ?
Avec des hauts et des bas, parce qu’il faut concilier l’école et la vie de famille. Ce n’est pas toujours évident.
« Il y avait pas mal de reconversions : autant un fleuriste, qu’une ancienne DRH ou encore une couturière »
Est-ce qu’il était difficile pour toi de revenir encore une fois à l’école à 44 ans ?
C’était difficile, mais à la fois c’était motivant, car nous étions dans un groupe avec des jeunes et des moins jeunes. Il y avait pas mal de reconversions : autant un fleuriste, qu’une ancienne DRH ou encore une couturière. Il ne faut pas se mettre de barrières pour l’âge, quand on est motivé l’âge n’est pas de souci.
Et les stages ?
Pour ma part, cela s’est relativement bien passé, avec des stages plus ou moins intéressants et plus ou moins difficiles. Difficiles par rapport aux équipes qui peuvent certaines fois ne pas être très accueillantes.
Il y a également une certaine fatigue qui s’installe en troisième année à cause des enjeux importants, surtout à mon âge. Je n’avais pas de temps à perdre.
Il peut y avoir aussi des doutes qui s’installent car la formation est très éprouvante.
Comment informais-tu l’équipe du fait d’être déjà aide-soignante ?
C’est simple : je ne disais rien au départ. Puis l’équipe s’apercevait très vite que je savais déjà faire des toilettes et que je connaissais l’organisation d’un service. Lorsque l’on me posait la question, je disais la vérité. Sinon je n’en parlais pas.
« Dans les stage de toute façon, il vaut mieux rester discrète. »
As-tu des problèmes par rapport à ton ancien statut ?
A titre personnel, non. Dans les stages de toute façon, il vaut mieux rester discrète. Par conséquent, cela s’est quasiment toujours bien passé sur ce point.
Au final, es-tu satisfaite d’avoir fait la formation infirmière ?
Très satisfaite. J’adorais mon métier d’aide-soignante, mais je suis contente d’avoir évolué vers le métier d’infirmier. Celui-ci m’ouvre plus de portes.