Le métier d’aide-soignante, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est le fruit d’une longue évolution historique. Né de la volonté de prendre soin des plus vulnérables, il puise ses origines dans des initiatives religieuses et caritatives avant de se professionnaliser au fil des siècles.
Au 17è siècle
Vincent de Paul (1581-1660) est curé de campagne, dans la paroisse de Châtillon-sur-Chalaronne au nord de Lyon. Il y fonde le 12 décembre 1617, avec les femmes fortunées, les Dames de la Charité. L’objectif est de venir en aide aux pauvres. En 1633 à Paris il fonde les Filles de la Charité, communauté religieuse au service des pauvres et des malades.
Au 19è siècle

Florence Nightingale (1820-1910) était une infirmière Britannique pionnière de la médecine moderne. Le terme infirmière (nurse) existait déjà à l’époque. Cependant, il s’agissait essentiellement de femmes sans formation officielle issues des classes populaires aux conditions précaires. Nightingale a transformé l’image de l’infirmière en professionnalisant le métier par la création de la première école d’infirmières en 1860 à Londres. Elle est appelée « école de garde-malades ».
De même, en France, les premières écoles d’infirmières sont ouvertes en 1878 à Paris. Elles font suite à une délégation du conseil municipal de Paris. Celle-ci est alors allée observer les travaux de Florence Nightingale entrepris depuis 20 ans.
Le gouvernement décidera finalement de rendre obligatoire la création d’une école d’infirmières dans chaque ville où siège une faculté de médecine.
Au 20è siècle
La première guerre mondiale a mis en valeur l’importance du rôle des infirmières. Elle ont dès lors été considérées comme la quatrième armée. C’est ainsi qu’en 1922 que les autorités ont mis en place le brevet de capacité d’infirmière professionnelle.
Le premier Diplôme d’Etat est créé en 1942. La loi du 8 avril 1946 impose que les infirmières en exercice soient titulaires du diplôme d’Etat. Les autorités proposent alors aux infirmières non diplômées un nouveau grade de la fonction publique hospitalière : celui d’aide-soignante.
A l’origine ce statut devait être transitoire. Déjà à cette époque, le manque de main d’œuvre infirmière se fait sentir. Par conséquent, cette situation oblige les décideurs à maintenir ce grade.

Le tournant se situe en 1956 avec la création du certificat d’aptitude aux fonctions d’aide-soignant (CAFAS). La durée de formation est alors de 10 mois puis elle passe rapidement à 12 mois. Cependant, les directeurs d’hôpitaux et les directions départementales de la santé fixaient les modalités d’examen. Le CAFAS devient obligatoire en 1960 pour exercer le métier d’aide-soignante.
A partir de 1978, par un arrêté du 9 janvier, les aides-soignantes peuvent travailler dans les services psychiatriques. Puis en 1981 elles peuvent intervenir en soins à domicile pour les personnes âgées.
A partir de 1994, par un arrêté du 22 juillet, il n’est plus question de délégation mais de collaboration avec l’infirmière.
En 1996 le CAFAS devient le Diplôme Professionnel d’aide-soignant (DPAS). Enfin, le Diplôme d’Etat d’aide-soignant est créé en 2007.
Enfin l’arrêté du 10 juin 2021 a précisé et élargi les missions des aides-soignantes en France. Les points clés de cet arrêté concernent la précision des missions, le renforcement des compétences, la collaboration interprofessionnelle et la formation.
En conclusion, l’histoire du métier d’aide-soignante témoigne d’une évolution constante, reflétant les besoins croissants d’un système de santé en perpétuelle adaptation. De ses racines religieuses aux réformes les plus récentes, le rôle des aides-soignantes s’est affirmé comme indispensable au cœur des soins.