Alexandre est aide-soignant depuis 6 ans. Après une première expérience à l’hôpital, il choisit de travailler en Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM). Entretien.

Bonjour, comment vas-tu ?
Bien merci et toi ?
Ca va bien, merci. Peux-tu un peu te présenter ?
Oui, je m’appelle Alexandre, j’ai 30 ans, je viens de Normandie et je travaille dans un FAM en région Centre depuis deux ans.
Pourquoi as-tu décidé de faire aide-soignant ?
Je voulais faire un métier où je me sens utile. Où on peut aider les autres. En plus, je ne me voyais pas travailler dans un bureau ou dans le commerce. La formation était courte aussi, je voulais travailler rapidement.
Avant de travailler en FAM, tu as travaillé quelques années à l’hôpital. Comment en es tu venu à travailler dans le handicap ?
C’est vrai que j’ai voulu tout de suite travailler à l’hôpital. Je suis allé dans un CHU. Je voulais travailler au début dans des services un peu « techniques » on va dire. C’est en faisant des missions en intérim que j’ai découvert vraiment le milieu du handicap.
Et j’imagine alors que ça t’a plu ?
Oui c’est exactement ça. J’ai accroché dès le début. Ce n’est pas le cas pour tout le monde.
Tu as donc franchi le pas pour aller dans le FAM où tu es actuellement ?
Oui. Mais cela n’a pas été évident comme décision. Honnêtement le salaire ce n’est pas le même qu’à l’hôpital. Mais je préférais l’ambiance du handicap. Alors je fais parfois des hublos pour compenser un peu. Mais chut, il faut pas le dire !
« La différence c’est qu’il arrive souvent qu’il y ait des activités. C’est même favorisé. »
On ne dira rien. Peux-tu nous décrire une journée type ?
Oui. En fait le matin et le soir c’est assez classique. Dans le sens où il y a les toilettes, ou plutôt les douches car il y a pas mal de résidents qui marchent. Ensuite les petits-déjeuners et à midi les repas. C’est une maîtresse de maison présente le matin qui s’en occupe. Le soir, gouters, mises en pyjama, repas et couchers. La différence c’est qu’il arrive souvent qu’il y ait des activités. C’est même favorisé.
Comment situerais-tu le travail par rapport à un hôpital ou même un EHPAD ou autre établissement sanitaire ?
Disons que dans le FAM où je suis, c’est beaucoup moins physique. Comme je t’ai dit, il y a beaucoup de résidents qui marchent. Dans mon unité il y a 11 résidents. Il y en a 8 qui marchent. Ceux qui sont en fauteuil arrivent à se lever. Par contre, c’est plus mentalement que la fatigue se fait sentir.
Peux tu nous en dire plus ?
Il faut s’habituer aux cris. Certains font régulièrement des crises également, il faut être calme et patient pour les rassurer. On est des humains, parfois c’est plus difficile de rester patient même s’il faut bien.
Il y a également une monotonie qui peut s’installer. Contrairement à l’hôpital où il y a un certain roulement de patients, là ce seront toujours les mêmes résidents pendant des années. J’ai parfois l’impression de vieillir avec eux !
D’autres différences en dehors du quotidien ?
Oui, il y a des activités programmées bien en avance. Des sorties pique-nique, cinéma, piscine ou même des restaurants.
Des courts séjours adaptés sont aussi organisés en été.
Regrettes tu d’être allé dans le secteur du handicap ?
Non pas du tout ! C’est juste que je tiens à prévenir des personnes qui voudraient aller dans ce secteur. Il faut vraiment aimer car ce n’est pas seulement du soins.
En tout cas, même s’il y a des moments difficiles, j’aime beaucoup le travail en équipe avec les AES ou bien les Educateurs Spécialisés. Et puis les résidents sont très attachants.